Portrait de Steve Coogan – L’observateur obsessionnel

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(dr)

La comédie britannique est un milieu fascinant. Sur un support souvent jugé conventionnel, la comédie explore par les sitcoms, les sketch shows et émissions un éventail de sujets, d’angles, de formats et de performances qui présentent encore aujourd’hui un caractère novateur pour nous francophones. Pour en arriver là il a fallu la folie de groupes ou duos précurseurs capables de renverser les canons établis. La comédie britannique telle qu’on la connait aujourd’hui est née d’une rupture survenue en 1981 et poursuivie 10 ans plus tard par la génération suivante. La comédie alternative offre à la télévision sa révolution punko-anarchiste en se moquant des dogmes, du politiquement correct et des icônes. Ouvrant la voix à des comédiens de la classe populaire, aux jeunes et à la vulgarité. Il ne manquait plus qu’un nouveau pas à franchir avec le réalisme absurde porté là encore par des vingtenaires affreusement talentueux et tout juste sortis de l’université : Armando Iannucci, Patrick Marber, David Schneider, Chris Morris, Rebecca Front, Doon Mackichan et Steve Coogan.

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Alors pourquoi cet amour fou pour Steve Coogan ? Parce que ce comédien naturellement doué pour les voix et doté d’un visage élastique a su créer une galerie de personnages qui peuvent paraître grotesques au premier abord se révèlent bien plus profonds et touchants. Steve se moque de lui, il parle de nous et en une même scène m’a autant fait rire qu’il m’a émue. Ayant grandi en regardant les sitcoms à la télévision, petit il s’imagine que dans son pays une poignée d’adolescent comme lui se prépare à bouleverser à nouveau le cours de la comédie. Eux ne le savent peut-être pas mais lui fera tout pour en être et pourquoi pas marquer la comédie de sa propre empreinte. Cette année 2016 marque ses 30 ans de carrière et les 25 ans d’Alan Partridge, le petit Stephen avait raison d’y croire, Steve Coogan a bouleversé la comédie.

Stephen John Coogan, imitateur

Image ref 1039761A. Copyright Rex Shutterstock No reproduction without permission. Please see www.rexfeatures.com for more information.
(1994 – Denis Jones / Rex Shutterstock)

Stephen John Coogan est né le 14 octobre 1965 dans la banlieue de Manchester. Quatrième d’une famille de six enfants, catholique d’origine irlandaise, elle est aussi famille d’accueil portant le foyer à 10 habitants. Son père est ingénieur informatique et sa mère femme au foyer. Stephen grandit dans un milieu populaire où chaque penny est compté. Son enfance est joyeuse et bruyante. Admiratif de son grand frère musicien Martin, co-fondeur et leader des Mock Turtles, Steve s’intéresse à la culture alternative. Cheveux longs, mascara, punk et new-wave bercent son adolescence. Très tôt il s’amuse à reproduire les bruits environnants et à imiter ses profs. Steve est de la 1ère génération à passer son enfance devant la télévision. Comme pour beaucoup de comédiens les Monty Pythons et Fawlty Towers ont une grande influence sur lui. Sans possibilités d’enregistrer les programmes, Stephen enregistre sur microphone les sitcoms, innovantes ou familiales, pour les rejouer devant ses amis. Il passe ainsi des heures à peaufiner le ton et la voix jusqu’à se passer de la bande pour impressionner ses camarades. Stephen n’est pas un gamin turbulent mais il rêve beaucoup et s’évade en s’imaginant dans son Bond préféré.

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1977 (Archive personnelle)

Conscient de son potentiel comique il envisage une carrière d’acteur. S’il est fasciné par les Pythons il les qualifie de ‘posh punk’ et adolescent pensait sincèrement n’avoir aucune chance de réussir avec de telles origines jusqu’au choc produit par un jeune comédien venu du même milieu, ayant étudié à l’université de Manchester. N’ayant aucune idée de l’homme qui se cache derrière Kevin Turvey lorsqu’il commence à l’imiter, la découverte de son interprète Rik Mayall via The Young Ones un an plus tard et son histoire finissent par le convaincre qu’il a lui aussi toutes ses chances. Il découvre des comédiens qui le touchent et parlent de lui. Motivé par son expérience dans une troupe locale il tente les auditions des grandes écoles d’art dramatique londoniennes. Là-bas il se confronte à un nouveau monde qu’il juge dans son autobiographie, Easily Distracted, hostile au petit mec du nord. Les postulants et retenus sont en effet des enfants privilégiés avec papa et maman travaillant à la BBC et en contact avec le directeur de l’école. Ce 1er contact est désagréable mais pas assez pour le démotiver.

Ne se sentant pas bien à la capitale il repart chez lui où il auditionne en 1985 pour le cursus d’art dramatique de l’université polytechnique de Manchester. Il y crée pour l’occasion son premier personnage comique Duncan Thickett un comédien ‘réaliste’ nerveux et maladroit, qui foire ses prestations à tenter d’être provocateur. Il est admis mais se heurte pendant toute sa scolarité à une conception différente de l’art dramatique. Lui qui s’est volontiers qualifié de gamin pédant avec ses goûts musicaux élitistes se confronte à une situation inverse. Stephen s’amuse, travaille ses voix, ses mimiques et rêve de productions populaires quand ses professeurs lui opposent la noblesse de la discipline et ses grands auteurs. Il trouve un exutoire en commençant à créer un répertoire comique en dehors des heures de cours. S’il ne se destine pas à la comédie il aura pourtant la révélation en 1986. Alors qu’il assiste à un concert, le groupe accuse un retard et Stephen est poussé sur scène pour divertir 5 minutes la foule avec quelques imitations. Pour la 1ère fois il tient une salle et l’a fait rire, une sensation folle qui le convainc : il se lance dans une carrière d’humoriste. N’ayant pas abandonné son ambition d’être acteur la comédie lui permet au moins d’obtenir l’Equity card, sésame indispensable pour travailler dans ce milieu. Stephen comprend qu’il n’a pas grand chose à attendre de l’école et pour cause il est vite repéré et commence sa carrière sans même avoir terminé ses études sous le jugement de ses camarades dans un monde binaire divisé entre populaire et indé.

Le succès de ses ringards flamboyants

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Avec Geraldine Sommerville et Patrick Marber (1996 – dr)

En 1986 se profilent les 1ères opportunités tant scéniques que médiatiques. Il raccourcit son prénom et accepte la proposition d’un étudiant plus âgé Simon Greenall (Michael The Geordie dans I’m Alan Partridge). Simon l’invite à rejoindre les auteurs de l’émission The buzz sur Radio Manchester et écrit également des sketchs pour le duo Mel Smith et Griff Rhys Jones. En parallèle il se lance sur scène avec une galerie de personnages façonnés sur son entourage et ses expériences : Ernest Moss l’ingénieur zélé inspiré par son père, Duncan Disorderly le pilier de bar de Manchester et ennemi juré des étudiants en art et ce cher Duncan Thickett. En 1988 Steve rejoint le programme satirique Spitting Image (précurseur des Guignols de l’Info) en tant qu’imitateur, il quitte l’émission 6 ans plus tard lassé par la fainéantise des auteurs. Ses prestations intéressent les producteurs, il signe sa première apparition tv en mai 1988 dans l’émission First Exposure. Ses nombreux allers-retours à Londres lui ouvrent les portes du doublage pour pub et radio. Il gagne déjà bien sa vie, s’oriente vers les contrats les plus lucratifs sans abandonner son spectacle qu’il joue toujours à Manchester et ses environs. Pour l’accompagner John Thompson, le futur interprète de Fat Bob dans les Paul Calf’s Video Diaries, ensemble ils rêvent du festival d’Edimbourg et son fameux Perrier Award, une récompense considérée comme la plus prestigieuse et gage d’un lancement de carrière réussi (Dylan Moran, The League Of Gentlemen, Richard Ayoade, Stephen Fry, Hugh Laurie…). En 1990 ils se lancent, l’accueil est froid et les critiques définitives, Steve ressasse les commentaires, il le sait son écriture est trop légère et pas assez travaillée.

L’année 1991 est difficile, il se pose beaucoup de questions entre deux spectacles pour des comités d’entreprise ou des clubs de vacances. Alors que son rêve de Perrier Award s’éloigne sous les critiques assassines il fait plus ample connaissance avec un autre humoriste rencontré l’année précédente Patrick Marber, il fait alors la rencontre la plus importante de sa vie. Patrick le présente à Armando Iannucci, réalisateur pour la BBC et son équipe de jeunes auteurs-comédiens tout juste sortie d’Oxbridge. Armando rêve de bousculer les codes de la fiction radiophonique avec un faux journal. Steve est très intimidé par ses nouveaux collaborateurs qui ne partagent pas la même culture et les mêmes origines mais il est profondément marqué par le 1er script à l’humour intelligent et novateur. L’audience est moyenne mais le programme est culte pour son fidèle public. La prémonition du jeune Stephen se réalise, avec On The Hour à la radio et The Day Today l’année suivante à la télévision Steve fait partie de la dernière génération à renouveler la comédie en manipulant la réalité avec férocité. Nés alors un nouveau genre de comédie et la plus percutante création comique de ces 25 dernières années. Mais pour l’instant Steve a un autre objectif, celui de gagner le Perrier Award. Il passe l’année 1992 à ré-écrire son spectacle. D’un simple concentré d’imitations rigolotes il construit des personnages à l’écriture soignée. Il ne cherche plus à être un humoriste universel et tente désormais de remuer son public avec des personnages complexes et parfois dérangeants. Avec John Thompson ils écument toutes les scènes de la région de Manchester, des centres aux institutions. Au festival il assure un 2ème spectacle avec Patrick Marber, Richard Herring et Stewart Lee. Avec John il remporte le Perrier Award et met fin à sa tournée malgré les nombreuses sollicitations.

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Avec John Thompson (1992 – dr)

Cette même année Patrick Marber va lui faire une proposition qu’il juge sur le moment totalement inintéressante et qui va pourtant faire de Steve Coogan un des plus grands comédiens. En 1991 lors d’une séance d’écriture pour On The Hour et à la demande d’Armando Iannucci il improvise un journaliste sportif qui, comme lui, n’y connait rien. Alors qu’il a déjà  quelques créations nées sur scène Alan Partridge n’a aucune importance pour lui. Ce n’est à ses yeux qu’une ébauche sans profondeur ni même potentiel. Patrick lui est persuadé de pouvoir construire une série sur ce nom et lance l’idée d’un faux talk-show. Avec ses collègues d’On The Hour et Armando à la réalisation ils montent un pilote radiophonique enregistré en public. Patrick et Steve travaillent alors le personnage. Le premier pose les questions et Steve étoffe avec des informations sur sa famille, son travail, ses peurs, son enfance et appréhende une mécanique qui lui permet d’incarner avec naturel Alan. En effet lors d’une séance d’écriture Patrick retient une phrase prononcée par Steve, d’abord vexé il comprend que ce sens de la formulation malheureuse d’Alan doit venir d’une réplique spontanée qui n’a pas eu le temps de passer à la moulinette du bon sens.  Le jour de l’enregistrement le public fait la queue à l’extérieur et c’est uniquement sous les traits d’Alan Partridge qu’il se présente et tourne ce pilote.

En 1993 Steve retrouve un ami rencontré en 1987 sur les scènes de Manchester, Henri Normal et entame avec lui une fructueuse collaboration de 23 ans. Ils redonnent naissance à Duncan Disorderly, renommé Paul Calf sur les conseils de Patrick Marber pour plus de vraisemblance, Henri suggère la création de la soeur nymphomane Pauline. Pour sa seule incarnation féminine il veut éviter de ressembler à la caricature du comédien travesti et reçoit l’aide du chorégraphe Bruno Tonioli. D’abord testé dans une courte pastille pour l’émission Saturday Zoo (vidéo ci-dessus) Paul Calf a droit à deux épisodes co-écrits par Steve, Henri et Patrick Marber. Ensemble ils écrivent une sorte de journal intime filmé, sur le quotidien tout en banalité et misère de l’alcoolique mancunien. Paul Calf’s Video Diaries est également la 1ère collaboration avec le réalisateur de The Young Ones Geoff Posner et David Tyler co-fondateurs de Pozzitive Comedy.  En 1994 Steve retourne à la parodie avec le soutien d’Armando Iannucci, Patrick Marber, David Schneider, Doon Mackichan et Rebecca Front ils montent Knowing Me, Knowing You With Alan Partridge une parodie de chat-show qui trompera plus d’un téléspectateur. Ayant acquis les tics de l’animateur dépassé et un art du détail KMKY installe définitivement Alan Partridge dans la culture populaire anglaise, dépassant la notoriété de son interprète.

Porté par ces succès Steve se voit offrir une carte blanche sur la BBC avec une anthologie de 6 épisodes où dominent le ridicule et le malaise. Coogan’s Run (vidéo ci-dessus) est la brillante démonstration de son don pour la comédie où il incarne 6 variations dirigées par Patrick Marber, Geoff Posner et David Tyler. C’est également la dernière fois qu’il interprète les personnages de son 1er spectacle dont un certain Gareth Cheeseman, anciennement Gavin Gannett. Comme il est dit plus haut Alan Partridge n’est pas une évidence pour Steve et pour une bonne raison, il prévoyait de faire de Gareth le pilier de sa carrière. Il est amusant de voir aujourd’hui son épisode Dearth Of A Salesman (extrait) où Gareth maltraite son entourage dans un petit hôtel d’autoroute, regardez ses manières et sa voix, Gareth portent en lui les bases de la futur série I’m Alan Partridge. Si ses créations font un carton il reste relativement peu reconnaissable, ce qui expliquerait pourquoi sa prochaine création Tony Ferrino, qu’il emmènera sur scène, a un succès mitigé. Se plaisant à jouer avec le public Tony Ferrino apparait à la télévision sans que Steve ne soit mentionné, son émission d’une heure The Tony Ferrino Phenomenon et l’entretien sur sa vie Introducing Tony Ferrino. Who, and Why ? A Quest sont peut-être trop réalistes. Là où Alan Partridge avait de la folie Tony Ferrino semble plus crédible. Ecrit avec Henri Normal la 1ère émission est une suite de numéros chantés et dansés avec Tony comme animateur. Avec des chorégraphies signées Bruno Tonioli et des chansons de son frère Martin et Steve Brown (Glen Ponder dans Knowing Me, Knowing You) Tony tient son comique d’une observation subtile. Heureusement l’année suivante arrive la consécration, Alan Partridge Et Steve Coogan s’installent définitivement dans le paysage médiatique et culturel. En 1997 I’m Alan Partridge popularise le format inédit du faux-documentaire à la télévision et inscrit une foule de répliques cultes dans le langage courant. Le succès phénoménal est du au portrait étonnamment complexe et grotesque d’Alan où l’homme fait rire par sa vulnérabilité. Steve termine enfin par une tournée à guichets fermés de son 2ème spectacle The Man Who Thinks He Is et fonde en 1999 sa propre société de production BabyCow avec Henri Normal.

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Armando Iannucci et Peter Baynham (1998 – Pozzitive Comedy)

 

2ème partie de carrière : changement de ton

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Avec Rob Brydon (2010 – dr)

Dès 2001 Steve développe de nouvelles ambitions et renouvelle sa comédie qu’il veut plus tendre et personnelle. Après une décennie faite de succès les années 2000 pourraient paraître bien fades à certains. Il n’a jamais cessé de travailler, mais ses nouveaux rêves l’éloignent des premiers rôles. Le cinéma s’ouvre à lui, ses collaborations avec Patrick Marber et Geoff Posner sont terminées et il entame une riche association avec Michael Winterbottom et Rob Brydon. Ses activités de producteur font éclore une nouvelle génération d’humoristes, il repère et soutient des sitcoms devenues populaires mais il va traverser une période délicate où il cesse d’être au centre de l’attention pendant une petite décennie avec une période allant de 2008 à 2011 qu’il n’est pas prêt de regretter. Sauf que tout démarre bien pour lui lorsque sort en 2001 24 H Party People de Michael Winterbottom, un portrait très réussi sur la naissance de la nouvelle scène musicale à Manchester où il incarne le journaliste et producteur Tony Wilson. Steve peut démontrer ses talents d’acteur sérieux et le film connaît son petit succès aux Etats-Unis. Grâce et à cause de ce succès il rêve de conquérir le marché américain. Il enchaîne en écrivant son propre film, l’oubliable Parole Officer.  Et pour couronner le tout sa nouvelle série de parodies d’horreur Dr Terrible House of Horrible un hommage idiot à la Hammer ne convainc pas le public, la série est annulée après une saison. L’excellent téléfilm Cruise of The Gods sur une croisière organisée par un fan club pour rencontrer les stars d’une vieille série pour ado n’est pas le succès escompté et deviendra culte avec les années. Alors qu’il était censé jouer le 1er rôle de l’acteur aigri Steve suggère le nom de Rob Brydon encore inconnu dont il produit sa série Humain Remains. En 2002 sort la 2ème et dernière saison d’I’m Alan Partridge. Au cinéma il renoue avec le succès en 2004 dans Le Tour Du Monde en 80 Jours aux côtés de Jackie Chan et Cécile de France. Steve apprécie peu ce genre de film mais accepte les rôles qui lui offrent une exposition médiatique appréciable sans pour autant passer à côté de beaux projets intéressants.

En 2003 Coffee and Cigarettes de Jim Jarmusch (ci-dessus) inaugure une thématique qui prendra une place centrale tant dans sa carrière d’auteur, d’acteur et de comédien aussi bien à la télévision qu’au cinéma autour de son image publique, Steve se représente en comédien d’auteur, ambitieux, lunaire et un poil arrogant. Face à lui la merveille Alfred Molina en acteur incrédule et tranquille. Steve fait de son double public une œuvre d’art qu’il n’aura de cesse de promener pendant les 13 prochaines années. Winterbottom a le courage d’adapter un roman, sommet de comédie absurde et de digression : Vie et opinions de Tristram Shandy par Laurence Sterne. Sort ainsi en 2005 Tournage dans un Jardin Anglais où le réalisateur reprend avec intelligence le principe du roman. Je m’attendais à tout et rien, et pour avoir lu la partie sur l’accouchement la transposition est brillante. En attendant il enchaîne les apparitions dans Marie Antoinette et la Nuit au Musée (2006), Tonnerres sous les Tropiques (2008). Il fait également quelques apparitions télévisées dans Monkey Trousers (2005) de Vic Reeves et Bob Mortimer, Little Britain (2006) ou Curb Your Enthusiasm (2007).

Avec sa société de production il propulse les jeunes talents comme Rob Brydon dont il soutient également la seconde série Marion & Geoff et l’immense succès Gavin & Stacey. Il offre à Matt Berry l’occasion de montrer ses talents de compositeur en produisant AD/BC A Rock Opera et lui confira en 2006 l’habillage musical de Saxondale. Steve est le producteur fidèle de Julia Davis avec Human Remains, Nighty Night, Hunderby faisant d’elle une auteure respectée. Plus récemment Nick Helm et sa série UNCLE et Moone Boy de Chris O’Dowd. Enfin BabyCow a permis à Julian Barratt et Noel Fielding d’intéresser les chaînes trop frileuses par la folie du Mighty Boosh, Steve engage sa réputation pour les convaincre et produit le pilote et les 3 saisons. C’est à titre personnel qu’il encourage Simon Pegg, à qui il loue un appartement qu’il partage avec Nick Frost, il l’invite dès 1998 à faire la 1ère partie de son spectacle. Inutile de vous dire que pas mal de grands noms débarqués dans les années 2000  se sont faits grâce à Steve Coogan. Au cinéma Steve produit surtout ses propres films qu’il en soit auteur ou acteur à l’exception de Snow Cake (2006) ou Svengali (2013).

En 2006 Steve revient enfin à la télévision pour 2 saisons de Saxondale. Une comédie tendre, inédite dans son répertoire. Tommy est un ancien roadie, il a vécu la révolution culturelle, se prend encore pour un rebelle et vit à travers ses souvenirs quand le monde a changé. Je ne m’attendais pas à être aussi touchée. Je sais que dans toute oeuvre il y a un peu de l’artiste j’ai cependant du mal à faire la différence entre Tommy et Steve même s’il tente de minimiser la ressemblance. En 2008 sort Hamlet 2, certains jugent ce film est complétement nul, d’autres le trouvent réussi et pour ma part j’ai adoré. C’est l’histoire d’un idiot, prof d’art dramatique incompétent qui tente de sauver son cours en écrivant la suive d’Hamlet. Ça n’a aucune autre prétention que de moquer les comédies « feel good ». Steve arrive encore à me bluffer en abruti fini et adorable, une approche nouvelle pour lui car oui Alan Partridge n’est pas idiot. Là encore le succès n’est pas au rendez-vous. Suit une période que Steve hait particulièrement entre 2008-2011. Il y a cela une raison évidente que je traiterai dans une autre partie. Je pense également que le semi-échec de Saxondale a apporté son lot de frustration. Même s’il se félicite de l’impact de la série aux USA, en Grande-Bretagne Tommy a été comparé à Alan et a donc été jugé moins drôle donc moins réussi. Enfermé dans cette représentation il songe à s’éloigner de la comédie. Toujours en 2008 il tourne encore sous la direction de Winterbottom, A Very Englishman, un biopic sur Paul Raymond le magnat de l’érotisme, qu’il considère comme son meilleur rôle sérieux. Le film évoque deux aspects intéressants avec la construction d’un empire industriel et la relation compliquée entre une fille et son père. Pour être honnête je suis restée sur ma faim, un plan sur les orgies et la coke suffit, malheureusement ils se multiplient au détriment de l’histoire.

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Avec Philomena Lee – (2014 – Andrew Medichini)

Grande première la même année avec un drame en 3 parties diffusé sur la BBC. Sunshine dépeint le portrait d’un parieur compulsif qui va peu à peu détruire sa vie professionnelle et privée. D’abord comédien en 1ère partie il se dévoile acteur touchant pour la 2ème. Ses rêves de grands rôles dans des films d’auteurs ont du mal à se concrétiser, il passe deux ans à assumer de petits rôles dans des grosses comédies américaines. La renaissance arrive en 2010 (et 2014) avec The Trip un projet de Winterbottom avec Rob Brydon qu’il refuse un 1er temps par peur de paraître trop égocentrique. Le résultat est un chef-d’oeuvre de drôlerie et de profondeur et à mon sens sa meilleure série avec I’m Alan Partridge. En 2011 Steve redécouvre avec bonheur Alan Partridge, il pensait ce personnage épuisé et d’une autre époque, c’est avec surprise qu’il se glisse dans le personnage avec un plaisir inédit. Et pour preuve Steve lui offre une nouvelle jeunesse avec les auteurs Rob et Neil Gibbons sous la direction d’Armando Iannucci. Un retour triomphal où Alan évolue pour devenir une sort de double négatif du comédien, sans renier la nature comique de l’animateur. En 2011 ils livrent une brillante autobiographie  I Partridge, We Need To Talk About Alan, un bestseller hilarant. Alan nous livre deux ballades de la tristesse à Norwich où il arrive à frôler la mort à deux reprises, Alan journaliste de l’extrême dans Welcome To The Places Of My Life et Scissored Isle. Loin de s’épuiser Alan livre encore des scènes cultes, dont l’interview à la piscine dans le 1er documentaire et l’auto-interview dans la nouvelle série Mid Morning Matters m’ont fait pleurer de rire. Plus Steve l’aime plus il occupe l’écran, le film Alpha Papa, un succès au box-office, est une démonstration permanente de son talent.

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Avec Henri Normal (dr)

Steve est trop préoccupé à se faire un nom aux Etats-Unis, rêvant de films d’auteur il apparait surtout dans des petits rôles dans des comédies blockbusters, et autant vous dire qu’il s’ennuie en particulier sur les doublages des gros films d’animation (Minions…), ça ne l’amuse pas mais ça a le mérite de très bien payer et lui permettent rester dans le radar des professionnels américains. Une situation paradoxale à mes yeux quand il obtient des 1ers rôles intéressants en Grande-Bretagne. C’est d’ailleurs là qu’il écrit et joue dans un projet ébauché depuis 2009 à la lecture d’un article du Guardian et qui lui tient particulièrement à coeur. Philomena (2014) raconte la quête d’une vieille dame irlandaise séparée de son fils alors qu’elle est internée de force dans un couvent. Le résultat est tendre et mordant, Philomena, en petite provinciale décalée nous fait rire, parfois à ses dépens sans être ridiculisée quand le journaliste chargé de l’enquête et interprété par Steve ne tire pas avantage de la situation. Le film est un moyen d’exorciser son cynisme, ses effets se font sentir jusque sur ses comédies. Mais Steve aime se laisser diriger et ses efforts sont ruinées le temps d’une saison sur Happyish (2015), cohérence quand tu nous tiens… Le seul faux pas de sa brillante carrière télévisée avait du potentiel malheureusement gâché par une écriture simpliste. Au lieu d’une satire sur la crise de la quarantaine les épisodes sont une longue suite de pleurnicherie. Curieusement Steve par son jeu adouci et sa touche d’ironie rend le visionnage agréable. Au fond Happyish n’est pas mauvais mais très agaçant. Le futur nous réserve encore de beaux projets, alors que vient de sortir le nouveau livre d’Alan Partridge ‘Nomad’, Armando Iannucci laisse planer la possibilité d’une suite au film Apha Papa. La 3ème saison de The Trip en Espagne doit sortir en 2017 et Steve devrait prochainement revêtir les habits de Stan Laurel au côté de John C. Reilly dans un film retraçant la tournée anglaise du duo en 1953.

Style et influence : L’observateur minutieux

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Doté d’un visage élastique, une voix modulable Steve est un caméléon qui aime à se cacher derrière ses créations. Bercé autant par les sitcoms familiales et les projets novateurs il a conservé de cette période un goût pour la tradition du cabaret et son obsession du réalisme. Ses comédies conjuguent à merveille ses deux penchants en créant des univers et des personnages très forts et immédiatement reconnaissables tout en les travaillant avec soin pour toucher au plus près un public qui pourra se reconnaître, même dans ses interprétations les plus grotesques. Son sens de l’observation va jusqu’à troubler le spectateur qui peut parfois croire à la véritable existence d’Alan Partridge et Tony Ferrino. Les vêtements, les intérieurs sont choisis avec soin et en amoureux de l’automobile Steve attribue à chacun une voiture qu’il juge la plus symbolique. Certains détails échappent au 1er visionnage, il faut parfois avoir l’oeil pour détecter la mégalomanie d’un personnage trahie par un élément du décor. Pour cela il a une méthode d’écriture infaillible. D’abord l’élaboration minutieuse du personnage, s’il lui arrive de sacrifier une fois la cohérence pour le plaisir d’un gag idiot tout est écrit avec soin, les réactions et les ambitions de ses personnages s’élaborent avec logique. Pour Alan Partridge Steve a pris l’habitude d’être en personnage pendant la rédaction, 7 heures par jour à tenir, un rythme qui fatigue Armando Iannucci. Le scénario est travaillé en permanence, l’équipe peut à tout moment débarquer avec un nouveau script et use à loisir de l’improvisation. L’obsession de Steve et sa source de comédie réside principalement dans la confusion et l’absence de jugement que ses personnages portent sur leur image publique, un thème central pour ses 3 créations majeures : Alan Partridge, Paul Calf et Tommy Saxondale. Il peut aller loin dans le malaise et l’inconfort en tant que comédien sans que curieusement cela ne se ressente au visionnage. Car s’il a toujours su apporter de la complexité à sa comédie le numéro ne sombre jamais dans la lourdeur grâce à son amour du politiquement incorrect et des gags absurdes et cons.

Ses comédies mettent en scène l’échec, la tristesse mais Steve n’est jamais cruel, ses personnages offrent au contraire des portraits pleins d’empathie. En creusant l’essence même du personnage il s’en dégage un réalisme familier touchant. Ce sont des personnages qui luttent pour réussir et échouent sans cesse, leur environnement est souvent triste et pourtant ils se relèvent toujours, leur absence de recul est leur force et leur connerie leur bouclier. Ses origines lui servent à jouer avec sincérité et véracité ses personnages paumés. J’ai eu comme l’impression que le traitement de ses personnages répondait à son propre succès. L’agressivité du 1er Alan Partridge résonne avec les débuts fulgurants quand la sensibilité d’un Saxondale rejoint sa déception. Son écriture oppose souvent l’intelligence à l’intuition sans véritablement décréter telle valeur supérieure à une autre. Rien n’est simple chez lui et des personnages d’ordinaire bouc-émissaire prennent leur revanche avec lui dans la mesure où aucun n’est consciemment mauvais. Des principes prégnants chez l’homme au point qu’il use et module son image publique de comédien génial et arrogant pour décliner sur plus de 13 ans un autre de ses personnages adorés ‘Steve Coogan’. Il a fait de lui un support comique aussi courageux qu’abouti brossant volontiers un portrait désagréable. Steve n’envisage pas le rire sans prise de risque. Ayant eu la chance de pouvoir réussir si vite et d’être à l’abri du besoin il estime qu’il est de son devoir de se mettre en danger par respect pour son public.  The Trip aurait pu être une œuvre insupportable d’égocentrisme s’ils n’avaient pas, avec Rob, fait preuve d’une franche autodérision. Saxondale et le Steve Coogan de The Trip apportent une dose de recul, d’autodérision et un sentiment de déception. Est-il lui-même déçu de sa carrière ou utilise-t-il simplement ses échecs en support comique ? Steve est un homme intelligent, il sait très bien ce est drôle et ce qui ne l’est pas. Est-il en train de vivre une douce chute qu’il regarde avec un mélange de tristesse et de tendresse ?

Steve a un don pour le jeu et le rire, c’est vrai, mais il a besoin d’être entouré. Il a besoin d’être supervisé et recadré par l’autre et évite d’être simplement qualifié de ‘roi de la mimique’ une définition qu’il trouve insultante. Son dilettantisme met fin à son association avec Patrick Marber et Armando Iannucci vient le sauver sur le tournage d’Alpha Papa dont le démarrage est catastrophique, à 3 jours du tournage les auteurs ré-écrivent le script. Sa carrière est remarquable sur ce point avec de longues et prestigieuse collaboration. John Thompson et Simon Greenall l’accompagnent depuis l’université, apparaissant encore dans ses productions récentes. Fidèle depuis près de 30 ans le co-auteur et co-producteur Henri Normal vient seulement de quitter la société BabyCow. Inutile de présenter Armando Iannucci le multi-récompensé pour The Thick Of It et Veep et Peter Baynham co-auteur des films de Sacha Baron Cohen (Borat, Bruno) artisans majeurs de son succès et d’une nouvelle comédie. Sans oublier les précurseurs de la comédie alternative ayant participé à briser les codes rigides au début des années 80 Geoff Posner et David Tyler. Plus récemment il a fait appel à Declan Lowney réalisateur pour la télévision et sur Father Ted. Fidèle avec ses protégés, c’est toute la nouvelle génération, à peine connue à l’époque qui défile à l’écran comme Simon Pegg, Julia Davis, Matt Berry et Rob Brydon qui peut aujourd’hui s’enorgueillir d’une popularité égale à son ancien producteur.

 

Un personnage public

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(dr)

« If there’s one thing that annoys me, it’s people who put their career before absolutely everything, » he said. « There are some people, especially in this industry, who don’t have an opinion on anything. Because of postmodernism, they think it’s fashionable to not give a shit about anything. »

Si vous tombez sur une pétition dans The Guardian vous pouvez être sûr d’y trouver son nom. Steve est de gauche depuis qu’il a une conscience politique. C’est un fidèle supporteur du Labour qui apporte son soutien tant dans les clips de campagne que lors de rencontres avec les votants. Car Steve s’agace du manque d’implication d’une part grandissante d’artistes et comédiens. Il est persuadé qu’il faut user de sa voix lorsqu’on a la chance d’être déjà un nom dans l’espace public. Foncièrement égalitaire, Steve refuse les divisions et même dans ses séries on retrouve de ces idées. Jamais un personnage de la classe supposée supérieure ne prendra l’ascendant sans s’en prendre plein la tête. Il refuse l’idée de l’intellectuel au mode de vie et de pensée ‘juste’ comme les discours et idiologies définitives. Comme il hait l’idée de puritanisme ou de condamnation morale. S’il salut la sagesse de Philomena il ne cherche pas à condamner Alan ou Paul pour conduite inappropriée. Je vous parlais précédemment d’une période 2008 – 2011 particulièrement difficile pour lui. Cible des magazines people dès ses débuts il doit faire face au déballage de sa vie privée, son intimité est exposée sans qu’il n’ait jamais tenté de démentir ou d’affirmer les rumeurs. Il se fout du jugement mais s’inquiète de l’impact sur ses proches et remarque des pratiques illégales qui le visent lui et ses proches. Il est espionné, son téléphone est mis sur écoute et de l’argent est proposé à son entourage moyennant informations. Victime comme de nombreuses autres célébrités des écoutes téléphoniques du groupe de presse News Of The World de Ruppert Murdoch. Il est le 1er à porter plainte pour prouver ses soupçons, qui seront confirmés. Il perd 450 000 livres et intègre la Leveson Inquiry chargée de réfléchir à une meilleure régulation de la presse. Soutien actif de l’association Hacked Off fondée par Hugh Grant . il débat régulièrement à ce sujet, notamment dans cet échange avec le comédien et chroniqueur David Mitchell. En 2011 pourtant Steve débarque avec Alan Partridge sur Sky, propriété du groupe Murdoch.

« When my life has been the subject of tabloid intrusion, what I have never done is get engaged in justifying myself, » he said. « Celebrities who go round apologising are pitiful, and don’t do themselves any favours. They shouldn’t have to justify themselves on these preconceived, pious, sanctimonious projections of the slightly antiquated morality of these tabloid newspapers. »

Qui est vraiment Steve Coogan ? Steve se fout de savoir quelle image vous avez de lui alors faites votre choix. Un observateur de génie ? Un artiste sensible pour comédie d’auteur ? Un connard ? Si tous ces personnages semblent avoir un lien compliqué avec la réalité et leur position dans la société c’est en partie dû à leur créateur. Steve est déconnecté, la comédie est thérapeutique et cathartique. C’est confortable pour lui d’écrire et de jouer quand il est mal à l’aise avec lui-même et curieusement se plait de cet inconfort. Lui qui voulait à tout prix plaire a appris à ne plus vouloir faire rire à tout prix. Difficile pour moi de vous dire qui est l’homme et au fond je m’en fous. J’aime le jeu auquel il nous invite. Avec son humour pince-sans-rire il nous embrouille, pose des pistes qu’il efface juste après. Naturellement drôle il semble avoir fait de son humour une sorte d’art de la conversation, fluide qui s’intègre partout sans s’affaiblir. Il s’est construit un personnage public par plaisir et nécessité quand tout a déjà été dit sans son consentement. Soucieux de se préserver il préfère ne rien dire et que les gens ne sachent rien de lui ou se construisent une image erronée. Alors parfois certaines déclarations semblent arrogantes ou légèrement parano. Il se plaint souvent d’être mal compris, si les grands rôles sérieux se font attendre c’est qu’Alan Partridge lui colle à la peau. Il a aussi le sentiment que le peu de crédibilité acquis peut être dézingué par des journalistes qui l’attendent au tournant. Un peu dubitative au début je me suis laissée convaincre, appelez-moi fangirl mais je pense qu’il a été sous-utilisé et souffre encore d’un mépris à l’international. Steve est un homme intelligent, il sait qu’il sera à jamais Alan Partridge. Vous ne vous étonnerez pas de constater qu’il cherche de plus en plus à se rapprocher de son double négatif, celui qui conclut d’ailleurs l’autobiographie de Steve publiée en 2015. S’il pouvait planifier sa fin de carrière je me plais à imaginer qu’il aimerait bien faire d’Alan sa dernière apparition…

 

Sources :

Son autobiographie : Easily Distracted

British Comedy Guide

Pozzitive Comedy

Desert Island Discs (Radio 4 – 11/10/09 – 43 minutes )

A Decent Steve Coogan Blog (Tumblr)

BabyCow Productions

 

2011-14
Bafta Tv Award de la meilleure interprétation pour The Trip (2011 – Zimbio)

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8 réflexions sur “Portrait de Steve Coogan – L’observateur obsessionnel

  1. Jolie documentation. Je suis contente de lire une biographie poussée de cet acteur incroyable, malheureusement peu connu en France. Il a beau n’être que deux minutes dans Hot Fuzz, cette scène (et tout le film d’ailleurs…) me fait toujours hurler de rire. Quand les gens me demandent quels genres cinématographiques j’aime je dis souvent « tout sauf les comédies, mais j’aime les comédies anglaises ». Et c’est grâce à des acteurs comme lui. Le travail vocal qu’il a fait dans Moi moche et méchant 2 est hallucinant.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup !
      Tu parles d’une petite apparition et d’un travail de voix et je suis sûre qu’au fond pas mal de français ont déjà vu ou entendu voire apprécié Steve malheureusement ils ont du mal à mettre un visage et un nom sur lui… comme les anglais au début. Laissons-leur le temps.
      On se rejoint sur les comédies anglaises, elles ont ce truc aussi fou qu’humain et sont souvent plus achevées que des comédies plus connues.

      Aimé par 1 personne

  2. Fangirl, va!
    En tout cas merci pour cette bio très instructive j’ai appris plein de truc et pourtant, le biopic est mon ennemi juré! Je ne savais pas qu’on lui devait aujourd’hui les artistes qui me font le plus rire.
    J’aime ce mélange de mélancolie et de grotesque chez lui, c’est tellement dur à faire, et il le fait tellement bien.
    Oh et puis, comment il est trop choupinou avec ses frekles!

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    1. Merci pour le compliment !
      Et re-merci ! J’ai essayé de le replacer dans l’histoire de la comédie, on peut dire qu’il a sa place dans tous les sens possibles. C’est vrai qu’il ne se vante pas d’avoir tant aidé, pour lui ça rejoint le principe du respect du public, il a tant reçu alors il redonne.
      Oui il est tellement crédible, j’imagine que puiser en lui aura été la meilleure de ses idées et il faut dire qu’il a toujours eu de la sympathie pour ses personnages alors ça se ressent forcément à l’écran !
      Awww ❤

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  3. Boudi quel travail de folie ! Bravooo !!! 😀 On sent à quel point tu admires l’homme et le comédien mais en même temps tu réussis toujours à ne pas tomber dans une fanitude aveuglée, je te trouve assez objective, tu as poser les bonnes questions !

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    1. Argh ça se voit tant que ça ?! 🙂 Que de merveilleux compliments ! Merci beaucoup ma Tina ! Je me répète sûrement mais lui aussi pousse à l’honnêteté. J’espère en tout cas avoir su répondre aux interrogations sans sur-analyser. J’avoue que mon admiration n’a jamais cessé de grandir, même pendant la rédaction, alors ça me fait énormément plaisir !

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  4. Félicitations pour ton travail 🙂 C’est intéressant que tu places « Coffee and Cigarettes » comme le moment où il commence à développer son double arrogant. C’est grâce à « Tournage dans un jardin anglais » que j’ai découvert Coogan au lycée (une adaptation géniale d’ailleurs, qui a du être un vrai casse tête!) du coup, je n’avais jamais envisagé que ce personnage orgueilleux était une construction relativement récente dans sa carrière. Bonne continuation.

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    1. Merci beaucoup !
      Oui ça me paraissait plus parlant, Alan aurait pu être un point de départ mais le fait qu’il ait développé plusieurs sortes de doubles m’a poussé à choisir ce film, au fond 24H aurait pu être aussi de la sélection. Excellent film ! Ton impression est intéressante, pour avoir vu sa carrière dans l’ordre chronologique il se préparait (inconsciemment ou non) à jouer de lui. La transition est à peine remarquable pour moi et encore moins surprenante. ^^

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