"Fallait pas l’inviter !"

Chose rare, Laurent Ruquier a exprimé son regret d’avoir donné pour si longtemps la parole à Éric Zemmour. Il se sent responsable de la propagation des idées d’extrême droite. Si c’est différentes déclarations sont souvent l’occasion d’une introspection lucide, je ne partage pas sa conclusion sur les causes du développement des idées extrêmes.
L’installation d’Eric Zemmour en tant que polémiste intervient dans un temps proche et un contexte pourtant différent. Les partis d’extrêmes étaient peu représentés dans les médias. Par peur des débordements et par ce qu’ils rassemblement une minorité d’électeurs la pluralité qu’impose le multipartisme ne va pas de soi à l’époque. Et le résultat pour ses dirigeants sont aux choix d’être fauteurs de trouble ou peu pris au sérieux. Difficile alors de considérer la présence de Zemmour autrement que sous la forme d’un mea culpa.
La relation des médias avec les dirigeants des extrêmes et leurs thématiques est pour le moins complexe. La question sécuritaire au centre du discours d’extrême droite est présent à la télévision particulièrement dans les journaux télévisés et les reportages anxiogènes. Tf1 sera à la pointe de cette couverture avec l’agression d’un homme âgé en 2002 et les violences en banlieue en 2005. Dans le même temps le vote extrémiste est marginalisé, difficile d’avoir accès à un témoignage d’électeur et découvrir plus largement les multiples facettes de cet électorat. Encore très récemment les éditorialistes se parent d’effroi face à une soi-disant soudaine flambée des votes frontistes. C’est qu’à force d’avoir fait comme si les extrêmes étaient des figures excentriques et à part, c’est tout un pan de la population qui a été méprisé. L’arrivée de Zemmour et sa promotion est sous cet angle une bonne nouvelle.
Ce type de personnage se pose en pourfendeur de la bien-pensance. Il accuse régulièrement les organisations pour la défense des droits (droits de l’homme, féministe, anti-raciste) de limiter le débat selon leur conception du bien et du mal. Avec la victimisation comme fond de commerce il est compliqué de les contrer car après tout leur mise à l’écart, peu importe les causes, à été réelle. L’émergence de Zemmour et ses successeurs aura permis aux idées de quitter les bas-fonds du net pour un espace public avec contradicteur. La stratégie de confiner les extrémistes a provoqué le développement d’une communauté solide autour d’un penseur qui l’a renforce à coup de vidéo auto-promotionnelle où il prend soin de jouer sur sa stature de victime, justifiant ainsi son argumentation. Allez opposer des arguments à un public soumis à un tel régime !
Les analystes expliquent donc l’engouement extrémiste par une lassitude envers les politiques bien installés et peu scrupuleux. En substance ils nient que le vote frontiste par exemple puisse être réellement motivé par une appartenance idéologique de la même façon que le succès d’Eric Zemmour ne serait que la résultante du contraste qu’il amène au lieu de le considérer comme le représentant du renouveau des réactionnaires. Il s’agit maintenant d’équilibrer et ne pas jouer le jeu de ces nouveaux débatteurs. Proposer un vrai espace de débat où chaque idée sera débattu, sans recherche de surenchère et de buzz.

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