Le tout numérique est-il un risque pour la pluralité de la presse ?

Albert Camus

Ce billet est uniquement basé sur mes interrogations. J’ai toujours un petit pincement lorsque un énième titre de presse bascule complétement sur le net voire disparait. Loin de moi l’idée de minimiser l’influence des comportements numériques et notre équipement toujours plus important sur la mutation de la presse à l’échelle mondiale. Je ne vous cache pas que cette évolution m’inquiète, car étant souvent questionnée de cette manière « être numérique ou mourir ? » il me semble que la presse se trompe (en partie) de problème. Il est évident que les différents acteurs n’attendront pas que le public se détourne du papier pour opérer leur mue. Et pour moi passer du kiosque, même le plus petit, à un écran me taraude.

J’évacue un premier problème, je n’aime pas et n’arrive pas à lire une version numérique. Je trouve le format physique mieux manipulable, je m’y retrouve plus facilement si je dois revenir en arrière et surtout je n’ai pas besoin d’attendre une plombe pour que l’image se lisse et soit enfin lisible. Je n’exclus pas le numérique pour autant. Le net est un merveilleux refuge pour les travaux universitaires et les petits qu’ils soient auteurs ou éditeurs. Je me demande si je continuerai à lire autant mes auteurs favoris sur ce support, est-ce une simple question d’habitude ? Passons cette considération purement personnelle pour revenir à la transformation kiosque -> écran.

N’avez-vous jamais acheté un titre inconnu ou d’une orientation idéologique différente seulement pour sa une ? Regarder les étalages comme une mosaïque et feuilleter par curiosité un titre méconnu pour ensuite emporter le numéro. Qu’adviendra-t-il de ce sentiment une fois installé derrière un petit écran ? Aurez vous l’envie de vous taper chaque mois, voire chaque semaine des pages et des pages de miniatures « au cas où » ? Il est hautement prévisible que les principaux vendeurs partageront la une entre les meilleurs ventes. La course à qui décrochera le meilleur emplacement opposera les grands groupes au meilleur budget publicitaire, voire pire avec le réseau Relay propriété de Lagardère aussi éditeur de magazines (Journal du dimanche, Public, Paris match…).

 

Abonnement magazine, magazine pdf, livre numérique - Relay.com

Débarrassés des contraintes d’impression et de diffusion nous pourrions faire face à une hausse des créations. Le parallèle est sûrement hasardeux mais je voulais partager les conclusions du journaliste William Audureau sur l’évolution des petits développeurs de jeux vidéos. Malgré le développement de la vente en ligne le secteur est toujours dominé par trois boutiques : Playstation store, Xbox live arcade et Steam (pc). Ces dernières concentrent un catalogue toujours plus large. Quelques développeurs solitaires et structures minuscules parviendront à percer sans atteindre les mêmes chiffres que les précédentes réussites. Le succès se mesure à des chiffres moindres dus à la concentration et à la multiplication de l’offre. Plus étonnant encore sur la plateforme de Playstation le jeu à petit budget en tête des attentes des joueurs est un produit soutenu par Microsoft. Les petits subissent ET la domination des grands producteurs et l’habitude du joueur à se tourner vers des marques « refuges ».

Si rien n’est fait dès le départ l’importance des éditeurs historiques risque d’être démesurée et surtout indétrônable, au point de réduire à néant toute tentative d’entreprise autonome. Néanmoins le numérique pourrait avoir une conséquence salutaire en plaçant le lecteur comme premier soutien et défricheur de talents. Espérant qu’il comprenne mieux sa chance que le téléspectateur censé être tout puissant à l’ère de l’audimat, avec les résultats que l’on connait…


2 réflexions sur “Le tout numérique est-il un risque pour la pluralité de la presse ?

  1. Personnellement, j’aime beaucoup lire la presse papier mais l’avantage du numérique est de pouvoir continuer à apprendre des choses de manière plus rapide. Par exemple, je sais que je ne peux pas lire tous les magazines du monde. En papier, je vais privilégier ceux que j’aime. Et quand je veux m’intéresser à des sujets qui me sont moins familiers, je privilégie le numérique.
    Ton article est en tout cas très intéressant !

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    1. Tu es un cas un part si j’en crois les spécialistes pour qui les lecteurs du numérique sont des gens pressés et à demi-mots fainéants intellectuellement. En tout cas je sais l’opportunité que représente internet pour les plus curieux, faut-il encore qu’il y est égalité des chances pour trouver la plus grande variété de titres.
      Merci 😉

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