L’unique, le grand, le beau Pedro roi du tango !

Pierre Bénichou - Les Grosses Têtes

Arrivé 2ème derrière Georges Abitbol dans la catégorie classe, Pierre Bénichou peut aisément prétendre à la 1ère place pour l’homme le plus drôle du monde. Fidèle chroniqueur de Laurent Ruquier il fut un membre d’On a tout essayé, On va s’gêner et actuellement des Grosses Têtes. Originaire d’Oran, c’est à Paris qu’il fit une carrière de journaliste notamment au Nouvel Observateur. Borderline et jouissif pour certains, vulgaire et râleur pour d’autres, on aime ou on déteste Pierre Bénichou.

Cette 1ère vidéo est sûrement ma favorite. Elle illustre bien ce petit truc, cette gouaille rare.  Pierre est un camelot, avec une façon de raconter qui transforme les histoires les plus banales en grandes épopées: l’achat d’un chapeau à Monoprix, une sortie avec ses petits-enfants au jardin d’acclimatation. Pierre Bénichou y dévoile donc son absence de patrimoine et répond à Christine Bravo. Son argent est au bistrot, il a un comptable et réplique au « pauvre artisan » Laurent. De la bouche de n’importe qui cette histoire serait d’un ennui, avec Pierre, son art de la narration et sa capacité à s’énerver et trouver des chutes improbables en font un des grands moments de feu On va s’gêner.

Ceux et celles qui sont allergiques à la vulgarité détesteront Pierre. C’est en partie pour ça qu’on  l’aime. Toujours élégant dans son beau costume et balançant ses fameux « je l’ai niqué » à tout va. Pierre passe la plupart de son temps à râler et atteint souvent des sommets de mauvaise foi. Ses principaux sujets d’énervements ? Les ours et plus généralement les écolos, Georges Brassens, les Beatles, les stations de skis et leur 200km de pistes, la campagne et ceux qui résident hors du 7ème arrondissement de Paris. Pierre se pare régulièrement de son rôle de vieux con pour aborder des sentiers sensibles comme le racisme, la religion ou l’homosexualité. Son rôle favori : le facho homophobe et nostalgique des colonies. Sur ses sujets son duo avec Fabrice Eboué fait des merveilles. Il faut d’ailleurs noter que Pierre s’attache moins à moquer le catholicisme que les autres religions, estimant qu’il faut arrêter de s’offusquer et de sacraliser telle croyance au détriment d’une autre.

Pierre méprise particulièrement la jeune scène culturel et préfère chantonner  du Yves Montand. Son décalage entre le monde moderne et ce qu’il pense être notre société est l’occasion de nombreuses moqueries. Il reste néanmoins un pilier indispensable à cette « bande à Ruquier » et entendre les rires du patron pendant une tirade du notre Pierrot est un délice. N’oublions pas les chamailleries  avec Claude Sarraute dont il aime taquiner sa carrière de journaliste. Bien des humoristes professionnels peuplent les ondes et je n’en ait pas trouvé un capable de surpasser Pierre Bénichou. Humour protéi-forme, sans limites et sa répartie cinglante m’auront donné quantité de fous rires.

Et si vous le croisez un jour ne l’appelez surtout pas « le vieux de la bande à Ruquier » ou « la grosse Bénich' » préférez plutôt le beau Pedro roi du tango, Monsieur Pierre, Bob du grand huit ou el discreto au risque de vous faire tancer par un magnifique « Qui qu’à mis ça là pis qu’à pas balayé ».


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