Mort d’Alain de Greef : la grande télévision pleure

Alain de Greef et Pierre Lescure
Alain de Greef et Pierre Lescure

 

Il a lancé l’esprit Canal, il est l’esprit Canal. Depuis 1984 et son arrivée à Canal + il a programmé des émissions mythiques. Initiateur d’un renouveau subversif. Par ses créations il a influencé une nouvelle génération, éprise de liberté. La chaîne n’aura pas su conserver et fructifier son héritage. Un bien mauvais hommage à cette figure qui bouleversa la frileuse télévision.

 

 

Difficile de rendre hommage à un homme si influent. J’ai grandi avec Canal +. Mes souvenirs ont un parfum de déconne et d’interdit. Tantôt corrosif, tantôt grand enfant, l’humour des programmes portés par De Greef, ratissaient large, sans sombrer dans la médiocrité. Gardant intact ses ambitions pour la télévision, il était critique sur l’évolution de sa chaîne. A propos du Grand journal : « Il faut arrêter cette émission qui assure la promo des politicards au même titre que celle des écrivains, chanteurs, comédiens et autres, alors que ce n’est pas du tout la même chose ! Et puis il faudra être créatif pour inventer un remplacement dans cette compétition de l’audience dans laquelle Canal + est entrée je me demande bien pourquoi. C’est une chaîne à péage, pas un attrape tout façon marketing de grande surface!!! »

Alain de Greef débute comme monteur à l’ORTF avant de créer son premier programme avec Pierre Lescure : les Enfants du rock où il recrute les jeunes Philippe Manoeuvre et Antoine de Caunes. Le duo participe au lancement de Canal + en 1984. Nommé directeur des programmes par Pierre Lescure en 1986 de Greef portera à l’écran des émissions incontournables, pour certaines toujours à l’antenne : Nulle part ailleurs, les Guignols, Groland, les Deschiens, le Vrai journal. Il révéle de nouvelles têtes : les Nuls, Jamel Debbouze, Benoit Poelvoorde, Omar et Fred, Jean-Luc Delarue.

 

Pierre Lescure, Philippe Gildas et Alain de Greef

 

Il était et reste une personnalité atypique du paf. Son limogeage en 2001 après la reprise de la chaîne par Jean-Marie Messier marque la fin d’une époque. Aucun directeur n’a su imposer une empreinte similaire. Porteur d’une programmation fidèle à ses envies, il façonna une antenne cohérente, avant d’être subversive. Il fut un fervent soutient pour ces animateurs et chroniqueurs. Toujours ouvert aux idées des autres il cultiva une certaine vision de la liberté de création. Le sketch des Guignols  » ‘cule un mouton  » imprime à jamais l’image d’Alain de Greef, défenseur des siens, porteur d’un humour sans limite face à des institutions endormies. Très actifs sur Facebook de Greef n’a eu de cesse de dénoncer le marketing envahissant, devenu le nouveau programmateur. Ses critiques visaient autant la concurrence que son ancienne maison. Le Grand journal en particulier où l’irruption de la politique est pour lui une grave erreur.

 


4 réflexions sur “Mort d’Alain de Greef : la grande télévision pleure

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