Unbreakable Kimy Schmidt (Saison 1) – Pitié…

Unbreakable Kimmy Schmidt - saison 1 - affiche

 

Kimmy Schmidt a de nombreuses années à rattraper.  Séquestrée avec 3 autres femmes dans un bunker pour être soit disant protégée de l’apocalypse annoncée par le prédicateur ‘révérend’ Richard Wayne Gary Wayne. De passage à New-York pour raconter l’histoire des « Femmes taupes » elle décide de s’installer définitivement en ville. Soutenue par une proprio junkie et un colocataire à la carrière de comédien à l’arrêt elle tente de redécouvrir le monde.
J’ai pour habitude avant d’écrire sur une série de percer les intentions des auteurs. Ainsi après avoir lu le papier de Charlie Dupin sur The Mindy project je n’avais qu’une hâte de découvrir le programme. Mindy Kalling s’adresse à un public précis. Si comme moi vous n’en faites pas partie vous pourrez rapidement vous sentir exclure. Il faut en revanche reconnaître la qualité indéniable de cette série tant sur l’écriture, le jeu et le rythme. Et si je commence par cet exemple c’est bien qu’Unbreakable Kimmy Schmidt ne possède en rien cette ambiance propre à The Mindy Project et j’ai du mal à me montrer indulgente.
Unbreakable Kimmy Schmidt - Lauren Adams, Sara Chase, Ellie Kemper et Sol Miranda
 Lauren Adams, Sara Chase, Ellie Kemper et Sol Miranda
Commençons par le point de départ. Kimmy Schmidt retrouve un monde en permanente mutation. Tout est à faire pour la jeune femme, de la quête d’un logement à celle d’un travail et d’un diplôme. Son passé est régulièrement évoqué, sans que cela n’aboutisse jamais. En gros elle ne garde aucune séquelle physique et psychologique de sa longue détention. Les nouveautés laissent Kimmy de marbre. En réalité ses réactions ne sont pas celle d’une femme bouleversée, ce sont simplement celles d’une débile. Et encore ! Parfois elle fera preuve d’une connerie rare, parfois elle sera capable de repartie. En gros le point de départ est une sorte de pansement sur un scénario inexistant. Après tout on peut très bien se passer de personnages et d’une histoire consistante. Sauf que tout est comme jeté à l’écran.
L’humour de cette série est resté jusqu’au dernier épisode une énigme. Unbreakable Kimmy Schmidt a fait le choix de l’exagération et des clichés. On y retrouve l’ancienne camée au passé trouble, la grande folle, la femme de. vénale et décalée ou la fille de. pourrie gâtée. Sauf que les gags ressemblent à une suite d’énoncés. On imagine sans peine les scénaristes au desk, noter leurs blagues, les découper, les foutre dans un chapeau, tirer au sort et les posés les uns à la suite des autres sur une fiche. Les riches sont insupportables, arrogants, méprisants et totalement hors des réalités. On s’attend la plupart du temps aux gags qui leurs sont associés. Quelques bonnes trouvailles comme le jeune fils à papa à qui l’on demande de ramener des glaçons et qui rapporte une caisse en bois avec 3 beaux glaçons et une pince en argent. Comment accepter en revanche que la riche, sans chauffeur ne sache même pas ouvrir sa voiture. Du côté de Kimmy tout est aussi prévisible, l’absence de finesse aurait pu être acceptable si elle ne souffrait pas de gag mal écrit et d’une incohérence totale.
Unbreakable Kimmy Schmidt - Tituss Burgess et Carol Kane
Tituss Burgess et Carol Kane
L’humour emprunte à de nombreux registres. J’y ai trouvé une grande influence des Simpson dans cette façon de créer un événement absurde au sein d’un monde réel et qui parait totalement normal aux yeux des protagonistes. Dans ce cas ça marche, c’est très drôle, ici il n’y a rien à faire je n’ai jamais ri ! Sauf au clip de Titus Andromedon, le coloc de Kimmy, et son ode au pénis noir: Peeno noir. Le pire c’est ce sentiment de gêne, chose que je n’avais pas ressenti depuis très longtemps. La palme au beau-père de Kimmy qui surjoue comme jamais tout en gueulant comme un mec bourré. Ce malaise ! Le jeu est globlalement exagéré. Beaucoup trop. Les acteurs en viennent à faire des grimaces pour nous faire rire. DES GRIMACES !!! Reste dans cette océan de consternation la participation et le personnage de Jon Hamm. Ce dernier incarne le révérend et sa défense au tribunal se révèle être la seule réussite. Bien écrite et cohérente  elle respecte le personnage autant que l’humour suit une seule et même ligne du début jusqu’à la fin, en s’appuyant sur la foi et le nationalisme des américains. En face de lui Tina Fey joue un numéro ahurissant, et son décalage s’il part d’une bonne idée est juste pathétique.
Je suis ressortie fâchée de ce visionnage, Unbreakable Kimmy Schmidt m’a prise pour une enfant de 5 ans à qui l’on dit quand rire. De la même manière je déteste voir un produit brandir un nom comme seul argument. Le nom de Tina Fey est sans cesse bombardée par la pub. Elle accompagne cette mode qui nous enjoint à baver dès qu’on prononce le nom de Fallon et Kimmel. Curieusement ce sont les comiques les plus simplistes qui ressortent sur nos écrans. Comme par hasard les présentateurs dégainant un humour exigeant (Stewart, Oliver…) et écrit sont plus rares. Après tout je suis sûrement dans l’erreur puisque la série recueille des commentaires dithyrambiques qu’ils soient écrits par des professionnels et amateurs. J’ai d’ailleurs hésité avant d’écrire ce texte mais rien n’y fait. J’en ai juste marre de voir des productions se reposer sur deux-trois arguments de pseudo-hype et de ton dit décalé quand le reste est inexistant. Il ne suffit pas de se moquer des travers narcissique de notre époque et du buzz dont certains veulent se servir, cela n’exonère en rien l’absence du travail d’écriture et la cohérence interne. Curieusement je vais terminer sur une note positive. Malgré mon exaspération permanente je ne me suis jamais ennuyée ! Les épisodes durent 20 minutes et le montage est d’une efficacité redoutable. Allez comprendre…

Rendez-vous sur Hellocoton !


10 réflexions sur “Unbreakable Kimy Schmidt (Saison 1) – Pitié…

  1. Wow, quelle charge! En même temps, en ayant vu la bande annonce, je me suis dit que c'était pas pour moi. Dommage, parce que moi, j'ai beaucoup aimé 30 Rock, et que je suis plutôt une amatrice de l'univers, Kimmel/Fallon/Fey/Mad TV, etc… Mais là, j'avoue que j'ai trouvé ça un peu trop appuyé, et ça manquait cruellement de… cruauté en fait. Du coup, j'ai pas tenté plus loin, je l'avoue…

    J'aime

  2. Je ne veux en aucun cas critiquer l'humour et les amateurs de ces personnes. C'est le principe de s'appuyer exclusivement sur sa renommée et s'extasier à sa simple évocation qui m'agace.
    Et tu as bien raison, on s''attend à ce que ça tape vu l'attitude générale des personnages et finalement non. Quand ni l'histoire, ni les personnages, ni l'humour ne sont écrits ça se ressent et c'est assez désagréable.

    J'aime

  3. J'ai enfin vu cette première saison et je pense que je ferai même un petit article dans le mois si j'en ai le temps ! Dans l'ensemble j'ai quand même bien aimé cette série. Un peu surestimée mais tout de même plutôt drôle (même si je n'étais pas non plus écroulée, contrairement à d'autres sitcoms), même si j'ai mis un peu trop de temps à m'adapter au début, ce qui ne m'arrive jamais pour une sitcom. Je comprends parfaitement ce que tu veux dire pour les grimaces. Au début, ça m'a agacée, je ne comprenais pas le but, je trouvais qu'on ne voyait que ça. Après, une fois que j'ai compris où ça voulait en venir, j'ai plus accroché. Après ça n'excuse pas tout. Disons que j'ai aimé cette série mais je lui reconnais volontiers des défauts : en fait, ça manque de fluidité, on voit trop les mécanismes, or durant notre vision on ne devrait pas les remarquer.

    J'aime

  4. C'est ça, beaucoup de défaut touchent au confort de visionnage. Voir sans cesse l'ossature et voir venir dans ce qui est censé être un divertissement, c'est se dire que la base du genre n'est pas respectée. En gros le fond est intéressant, tes remarques portent essentiellement sur mécanismes, du coup on part avec un certain espoir, il suffirait de mettre en ordre la forme pour rendre l'ensemble agréable. J'imagine qu'une saison 2 avec ces défauts réparés serait réussie. Encore qu'il ne se repose pas sur une réputation fabriquée avant même la diffusion.

    J'aime

  5. Effectivement, j'espère que la saison 2 prendra en compte les défauts de la première saison, sinon ça va devenir problématique. Le truc qui me fait un peu peur, c'est que j'ai peur que son concept ne dure pas sur la durée, mais on verra bien.

    J'aime

  6. Ça fait beaucoup de défauts structurels.
    Si le sujet est enfin traité pourquoi pas. Rappeler qu'elle est une femme taupe juste pour remplir quelques lignes n'a aucun intérêt. En revanche d'accord pour justifier une névrose, des tocs ou phobie soudaine.

    J'aime

  7. Je ne sais pas comment déplacer les com' alors je te répondrai aussi ici 😉
    Bizarrement, l'univers des foires de monstres n'est pas la source de malaise. AHS joue toujours sur les ressorts de l'ultra-violence et du gore avec un respect certain pour les freaks qui se révèlent être plus équilibrés. L'homme dans son ensemble est terrifiant. Le monstre est troublant mais pas si malsain.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s