American Horror Story – Saison 2 – Asylum, le chef-d’oeuvre !

Affiche American Horror Story - Asylum
Pour sa deuxième saison American Horror Story nous plonge au coeur d’un asile tenu par une institution religieuse. L’arrivée du tueur en série, Bloody Face, en attente d’une expertise psychologique en vue du procès est l’occasion pour la journaliste Lana Winters de faire ses preuves. Emportée par sa curiosité et confrontée à l’imperturbable directrice elle se retrouve enfermée dans un enfer peuplé de créatures célestes et d’humains à la dérive.
American horror story - Asylum - Lily Rabe
Lily Rabe

En apparence Asylum est un véritable fourre-tout de SF, empruntant ça et là des références et monstres bien connus du grand public. Cette saison, à l’esthétique 60’s parfaitement retranscrite, est pourtant d’une cohérence incroyable. Quelques vies brisées se croisent au centre d’une même intrigue. Pivot central, la journaliste incarne le défouloir et l’échappatoire, réunissant autour d’elle bourreaux et victimes. Comme des satellites les extraterrestres, zombies, virus et démons gravitent toujours en lien avec cette histoire centrale. Malgré la multiplicité des éléments surnaturels l’histoire ne s’éparpille jamais, tout est frein, péril ou coup de pouce inespéré envers cette quête principale. Jamais le scénario ne s’égare. Il prend le temps d’installer et d’étoffer lentement ses personnages dans une atmosphère malsaine et sans donner l’impression d’étirer au maximum l’intrigue. Tout à une profondeur, subit des questionnements et offre des débuts de réponses.

American horror story - Asylum - Joseph Fiennes, Jessica Lange et James Cromwell
Joseph Fiennes, Jessica Lange et James Cromwell

Entité surnaturelle et humain à la psyché maltraitée se mêlent incroyablement bien. La perversité humaine est traitée dans toutes ses dimensions, à la fois par la souffrance qu’elle apporte à son sujet et par celle qui s’abat sur l’entourage. Pulsion, conscient et inconscient se déchaînent sans tomber dans la justification à un trop-plein de violence et de chair meurtrie.

La réalisation est d’une élégance rare. Une scène dans un escalier filmée sous deux angles marque l’apogée d’une saison parfaitement maîtrisée, loin de la caméra tumultueuse de la première saison. L’époque est datée avec subtilité. Décors, vêtements et références informent l’air de rien sur la situation de cette décennie de l’entre deux qui vogue entre intolérance et émancipation naissante.

American Horror Story - Asylum - Sarah Paulson
Sarah Paulson

Le casting frôle l’excellence. A sa tête un Zachary Quinto (Oliver Thredson) en psychiatre, costume trois pièces, charismatique et mystérieux. Evan Peters (Bloody Face) parfait en jeune homme brisé et dépassé. Jessica Lange (soeur Jude) brille grâce à un personnage à l’évolution impressionnante, provoquant chez le spectateur agacement et pitié. James Cromwell (Arthur Arden) inquiétant à souhait sous les traits d’un médecin trop dévoué envers sa discipline. Lily Rabe (soeur Mary-Eunice) en infirmière malléable se révèle incroyablement touchante et effrayante, elle en vient à alterner les registres en quelques secondes. Sarah Paulson (Lana Winters), juste et sobre dans un rôle délicat particulièrement maltraité par les évènements. Malgré la présence de certains acteurs dans la première saison, nous oublions rapidement les rôles précédents pour se plonger pleinement dans les tourments de ces nouveaux personnages.

Avec des sujets délicats, souvent utilisés pour dénoncer l’absurdité et l’horreur de ces institutions en vase clos, Asylum évite tout procès en moralité. Cette saison déroule une narration et des dialogues tout en justesse, sans alourdir un univers déjà riche et étouffant.
 

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Créée par Ryan Murphy et produit par Tom Minear. Ecrit par Tom Minear, James Wong, Jennifer Salt, Jessica Sharzer, Brad Falchuk, Ryan Murphy. Réalisé par Bradley Buecker, Michael Uppendahl, Alfonso Gomez-Rejon, David Semel, Michael Lehmann, Jeremy Podeswa et Craig Zisk.

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6 réflexions sur “American Horror Story – Saison 2 – Asylum, le chef-d’oeuvre !

  1. C'est rigolo, moi c'est exactement le contraire. Avec mon compagnon, on s'est forcé à finir cette saison, on en avait marre. J'avoue que j'ai été très lassée de voir se succéder tous les poncifs du film d'horreur et que c'en était pour moi devenu un tel tic que j'étais tout à fait capable de deviner ce qui allait se passer d'un épisode à l'autre (c'est d'ailleurs ce genre de paris qui nous a permis de tenir jusqu'au bout): il suffisait d'imaginer quel était le plus gros cliché à utiliser, et ça marchait (et puis l'utilisation du « tout ceci n'était qu'un rêve » dans un épisode m'a atterrée. C'est un des coups scénaristiques que je déteste le plus au monde).
    En plus, comme j'ai trouvé les personnages très caricaturaux et pas du tout appréciables, j'avais juste envie qu'ils meurent tous, le plus vite possible.
    Même si je n'étais pas une grande fan, j'ai largement préféré la première saison qui, si elle utilisait aussi des filons dramatiques répérables trois épisodes à l'avance, était au moins resserrée sur une intrigue principale. J'avoue que l'accumulation Savant fou nazi, nonne lubrique, possession démoniaque, asile psychiatrique, viols, boucheries, enlèvements extra-terrestres, fils à maman psychopathe, monstres chirurgicaux, pouvoir et folie destructrice, ça m'a vite énervée. Il ne manquait qu'un zombie pour que je détruise mal télé (quoique Jessica Lange bourrée aux narcos, c'en est quand même pas loin…)

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  2. <3 Alors ça me suffit ! Merci, je me souviens de ton commentaire sur le trop plein d'éléments. Avec AHS soit tu plonges complétement dans l'histoire soit tu restes à côté. C'est ce qui m'est malheureusement arrivé pour la saison 3

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  3. Je comprends parfaitement, sans avoir vu les œuvres 'citées' j'avais une petite idée de ce qui allait venir. Forcément si tu t'y connais l'immersion est totalement ruinée.
    C'est fou quand même qu'on puisse être à ce point opposé sur absolument tout 😀
    J'imagine qu'il y a un accord entre le spectateur et la série. La réalisation et l'atmosphère englobe le tout. Avoir eu l'idée d'un tel condensé en si peu d'épisode joue en sa faveur, on évolue vite entre chaque sujets, je n'ai pas réussi à m'ennuyer un instant. Qui sait s'ils avaient pris le temps de développer sur plusieurs saisons ils auraient pu éviter les clichés ? Paradoxalement ça aurait pu devenir lassant.
    Par contre je n'ai pas eu l'impression d'un éparpillement, curieusement tout avait des répercussions sur l'intrigue principale.
    En tout cas c'est intéressant, comme si nous parlions de 2 séries différentes 😉

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