Z nation – Saison 1 : derrière la parodie une réflexion sur les zombies

 

 

Oui les deux premiers épisodes sont nanardesques au possible. Et si vous jetiez un oeil au 3ème? Derrière un gros foutoir, du nawak gore écrit par des fans d’horreur se cache une mine de bonnes idées. Et c’est bien connu quand on a pas les moyens on a les idées.
Sur le net les avis sont très divisés, cette série est accusée d’être clichée, invraisemblable. Oui c’est vrai et il n’y a pas de mal quand Z nation assume ce côté parodique et exagéré. Z nation n’est pas The Walking Dead, Z nation n’est pas une série sérieuse sur l’apocalypse, Z nation joue volontairement avec les codes du genre, il faut le voir dans cette optique. Les avis négatifs sont émis par des observateurs qui juge selon une grille d’appréciation forgée au visionnage des concurrents. Une série peut être décalée, humoristique et aussi prise au sérieux pour sa qualité d’écriture. Les clichés et grossièretés pris individuellement sont condamnables mais peut-on vraiment la descendre quand il s’agit très justement de parodie, et surtout quand le ton ne change pas au cours des 13 épisodes. Aussi légère soit-elle en apparence Z nation recèle une écriture constante, audacieuse et pleine de petites trouvailles. Peu importe le genre Z nation se savoure sans comparaisons et développe ses propres qualités.

 

 Pourquoi une série n’aurait-elle pas le droit d’être prise au sérieux par ce qu’elle utiliserait et détournerait ce qui est un défaut dans d’autres productions ?
Pourquoi la surenchère de gore devrait-elle être condamnée alors qu’elle rentre parfaitement dans l’écriture et l’univers voulus par les créateurs.  

 

Z nation : Michael Welch, Tom Everett Scott, Anastasia Baranova, Kellita Smith, Russell Hodgkinson , Pisay Pao et Keith Allan
 Michael Welch, Tom Everett Scott, Anastasia Baranova, Kellita Smith, Russell Hodgkinson , Pisay Pao et Keith Allan

 

Une série ne se compare pas, elle s’étudie dans son entièreté, dans sa cohérence interne. Et la cohérence interne est bel et bien respectée. Les auteurs n’ont pas la prétention de bouleverser le spectateur à coup d’intrigue parfaitement ficelée. Les créateurs s’amusent avec tous les clichés et les poncifs du genre. Leurs références sont nombreuses, venues de la télévision ou du monde vidéoludique (Dead Rising). Les personnages se distinguent par des traits grossiers et des punchlines. Malgré une description avare j’ai ressenti un attachement véritable envers ces survivants. Ici aucun n’est devenu une machine de guerre immortelle. On ressent l’humanité dans ses faiblesses et ses lâchetés. D’un côté le groupe de survivants, en vadrouille depuis 3 ans, de l’autre côté un guide, le Citizen Z capable de les joindre à tous moments en tant qu’agent de la NSA (avec son lot de références). Les survivants se voient confier la charge de Murphy, le patient zéro, taulard et ‘volontaire’ sur qui le premier remède semble marcher, non sans quelques effets secondaires. Direction le centre médical en Californie et son lot d’humains devenus fous ou simplement heureux de trouver un monde qui ne condamnera plus leur violence.
Z nation Murphy
Murphy
En un condensé de 40 minutes Z nation passe de l’action à l’humour et à l’amour en un tour de main particulièrement efficace. Les nombreux effets spéciaux inhérents au sujet sont kitsch au possible. L’équipe n’a pas de budget, ça se voit. La chute d’un soldat depuis le haut d’un immeuble est hilarante de mauvaise qualité et pourtant on voit là encore un choix. Elle aurait pu être mieux réalisée ou tout simplement coupée mais pourquoi ne pas se faire plaisir et aller jusqu’au bout ?
Z nation réfléchit mine de rien sur l’essence même du sujet. Le zombie a eu une vie, des souvenirs et des sens en éveils. Pourquoi n’en serait-il pas de même une fois revenu à la vie? Des gestes précis, des reniflements ou un zombie qui toque à la porte, cela pourrait paraître ridicule sauf quand ces petits détails forment une perspective intéressante pour la saison 2. Les interactions entre Murphy et les Z’s sont ambigues. Un lien s’établit sans que l’on sache sa nature. Demandent-ils la fin de leur calvaire, un peu de compagnie ou sont-ils captivés par un humain plus tout à fait humain, pas encore zombie ? Ces dernières hypothèses vous paraîtront absurdes, après avoir fini la saison 1 elles ne m’étonnent plus. Combien de fois je me suis dit « Non ! Ils ne vont pas oser ?! » Et bien si, ils l’ont fait !

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4 réflexions sur “Z nation – Saison 1 : derrière la parodie une réflexion sur les zombies

  1. Perso, je ne suis arrêtée (peut-être à tort) au premier épisode qui était, franchement, très kitsch ^^ Sinon, oui, pourquoi pas… je pense que chaque show a son public. Il n'est pas condamnable d'aimer ou pas un simple divertissement (moi je me vide la tête avec les films de super héros ^^). Sinon pour le côté, la vie après, une fois guéri de sa zombéitude, il y a aussi l'excellent In the flesh…

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  2. Dont je parlerai sûrement en 2015 !
    Tu as raison, Z nation s'adresse aux amateurs du genre. Je ne voulais en aucun cas te vexer bien sûr ^^. Mon propos n'était pas de viser ceux qui n'aiment pas mais ceux qui condamnent et ferment le débat avec les supposés canons de la série zombiesque parfaite, dont The Walking Dead fait souvent parti.

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  3. Ceux qui prennent la peine de comparer The Walking Dead et Z Nation me laissent perplexe, également. C’est un peu comme si on disait que Shaun of The Dead ne surpassera jamais Zombie de Romero… Ben, j’ai envie de dire « Normal » vu que ça vise ni le même public ni les mêmes réactions, ça risque d’être ardu de les classer.

    Concernant les deux séries mentionnées, je suis fan des deux et elles m’apportent chacune quelque chose de différent. Z Nation est faussement cheap et ne se prend clairement pas au sérieux (ça me semble évident après le premier épisode, donc qu’on voit ça comme un défaut c’est quand même un peu hein).

    On aime ou on aime pas du tout, difficile de rester dans la demi-mesure vu qu’il n’y a jamais vraiment de baisse de régime dans le WTF-esque des épisodes (les zombies radioactifs ou sous Viagra, c’était quand même priceless)…

    C’est ce qui me plaît. Ça apporte une dose de fraîcheur et aussi, une certaine forme de légèreté au final (clairement absente de The Walking Dead, chose qui plombe un peu le moral quand on enchaîne quelques épisodes, ahah). La saison 2 n’a fait que confirmer l’énorme coup de cœur que j’ai eu pour la première saison (et pour Warren, Doc, 10K et surtout Murphy, l’inoubliable Murphy).

    Je ne peux que plussoyer ton « Nan, ils vont pas oser .. ?! ». C’est une p’tite pépite de kitsch assumé et ça fait rire, il m’en faut pas plus 🙂
    Donc j’attends la saison 3 avec l’impatience d’une enfant de six ans, voilà voilà 😀

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    1. Ce qui me dépasse se sont les soi-disant experts en séries incapables de comprendre les logiques internes. Leur seul point commun, à la limite, se situe dans leur volonté de traiter la dynamique d’un groupe soumis au pire.
      Dans l’absolu condamner ce choix pourquoi pas, l’ultra-gore est trop clivant mais ne pas comprendre la volonté des scénaristes c’est d’un con. Surtout quand le ton est donné dès le début, le coup du bébé c’est du très grand !
      LA grande force est d’avoir su en faire un bestiaire à part entière, à la manière des jeu-vidéos Dead Rising et Dead Island. Il était temps de mettre un peu plus d’imaginaire chez le zombie. Néanmoins y’a une volonté d’aborder sérieusement le mythe du zombie, une initiative trop souvent passée sous silence. Mais on est faible, le coup du viagra on le voit arriver et on l’attend la bave aux lèvres.
      TWD tente une petite touche décalée avec Abraham. Le pb pour moi est que la série souffre de personnages au développement aléatoire, du coup l’idée de cette caricature est géniale mais un peu posée là à l’arrache.
      Ah ah sûrement par ce que Murphy c’est un petit peu l’incarnation de notre connerie.
      Pareil ! Le rythme est tellement relevé qu’on admet tous les retournements à la con ! (Même avec Escorpion) J’espère que cette 3ème saison offrira une meilleure exposition à Citizen Z ❤

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