Dis moi Les Minikeums

« Minikeums oh oh Minikeums oh oh 
On est la Minikeums génération « 

Nous ne remercierons jamais assez Patrice Levallois et Arnold Boiseau

Tous deux sont chargés de la mise en place des Guignols de l’info en 1988, c’est donc tout naturellement qu’ils répondent à l’appel d’offre de France 3 en proposant un programme jeunesse lui aussi présenté par des marionnettes. Le projet une fois retenu place à Alain Duverne déjà papa des avatars en latex de la 4. Avec leurs allures de pré ado les marionnettes des Minikeums offrent une seconde jeunesse à des célébrités, populaires et assez éloignées de la culture des jeunes téléspectateurs: Coco (Antoine de Caunes), Nag (Nagui), Zaza (Elsa), Jojo (Johnny Hallyday), Josy (Josiane Balasko), M’sé (Mc Solaar), Vaness (Vanessa Paradis), Bernard (Bernard Pivot), Gégé (Gérard Depardieu), Zidou (Zinédine Zidane), Diva (Eve Baron, directrice des programme jeunesse), Mamikeum (Mireille Chalvon, ancienne directrice des programmes). Les voix sont assurées par Gérald Dahan, Didier Gustin et Sandrine Alexi. La première émission est diffusée le 31 mars 1993.

Au début prévus comme une simple transition entre les dessins animés les Minikeums deviennent rapidement une émission à part entière faite de sketch, chanson et parodie et s’assurent par leur singularité un immense succès. De  nombreuses rubriques ponctuent les deux diffusions hebdomadaires : Blaganag, Brouillon de culture, la Taratatouille, le Travail c’est du boulot…

Les Minikeums sont diffusés de 7h à 9h et de 16h40 à 17h40, des émissions spéciales sont également prévues pour les vacances, noël et le nouvel an. Tout au long de son existence les parts de marché se stabilisent autour de 20 %. En 1996 une étude établit à 56.7 le pourcentage d’enfants, regardant la télévision, passant leur fin d’après-midi devant les Minikeums. Le record est atteint le 26 janvier 1996 avec 73% de part de marché ! Pour la concurrence le coup est rude. Habituelle reine des programmes pour enfant Dorothée est amplement distancée avec 17% d’audience contre 67% pour ses mini-adversaires. L’animatrice voit dès 1996 son émission diminuer petit à petit pour être finalement annulée à l’été 1997.

1er avril 2002 : la mauvaise blague
Fin 2000, sous l’impulsion de la nouvelle directrice des programmes jeunesse de France 3, Eve Baron , les Minikeums changent de format sous le nom de MNK pour revenir à une simple présentation des dessins animés avec images de synthèse. A l’origine de ces bouleversement une étude révélait la distance installée entre les enfants et le discours des Minikeums. Les enfants semblent ne plus les comprendre et se passionnent pour les jeux vidéo et les consoles portables. C’est une justification suffisante pour Eve Baron, même si l’audience reste excellente, et une occasion de faire des économies sur un programme dont le coût s’élève à environ 9 millions de francs par an. Le résultat est une déception à la fois pour les professionnels et le public habitué à un univers et un imaginaire solide. La fin des Minikeums, bien que prévisible pour ses créateurs est mal comprise à l’époque par les enfants, dont moi. Car sincèrement, était-ce à ce point si difficile de décaler la fin d’un programme jeunesse de quelques jours pour éviter de la faire coïncider avec le 1er avril ? En réalité la dernière émission est diffusée le 31 mars soit exactement 9 ans après son lancement ou comment être maladroit à trop vouloir marquer le coup.

Derrière la présentation de dessins animés se cache un vrai travail d’écriture
Les Minikeums sont d’abord de bons souvenirs d’enfance avec toute la déformation que cela peut comporter. Lors de mes recherches j’ai pu avec bonheur, revoir les multiples sketchs et parodies. L’écriture et la mise en scène m’ont agréablement surprise. D’abord considérés comme un simple habillage les Minikeums développent une identité particulière sous la direction du scénariste, auteur et dialoguiste Jean-Marc Lenglen. Sous sa houlette c’est tout un univers aux personnalités multiples qui se crée. Difficile aujourd’hui de définir le public visé tant les thèmes abordés et les points de vue sont variés.

Jean-Marc Lenglen

L’humour se retrouve tant dans la complicité et les chamailleries des Minikeums que dans les détournements de films, émissions… Le ton est étrangement mature pour un programme jeunesse. On y retrouve plusieurs niveaux de compréhensions, de la blague potache aux références culturelles.
La maison aux murs qui pètent est une gentille moquerie des émissions de paranormal qui s’amuse avec les codes du genre : exagération, auto-promotion, faux suspens.

Allons plus loin dans la finesse et la subtilité avec la nanana dance. 
Plus sérieusement qui oserait placer « Les chimpanzés d’Asie jouent avec leurs zizis, ils s’ennuient enfermés au zoo » dans un programme jeunesse ?

Des parodies musicales à la prévention anti-tabac

A la manière de Doc Gyneco ou des 2 Be 3 les minikeums enchaînent les détournements et créations originales. Les compositions de Roddy Julienne et Philippe Almosnino entrent au top 50. Les Bogoss Five avec ses trois membres et ses clips kitsch vendent 300 000 exemplaires (disque d’or !) de la fameuse « déclaration d’amour » à Melissa. C’est en chemise de velours et ailes d’ange que les Bogoss célèbrent Noël, avec une introduction chorégraphique qui reprend à merveille les codes, sublimes, du clip de boys band.

L’eau, le feu, le vent illustre cet autre pan de la production Minikeumesque. Eveil écologique, appel à la tolérance (Black, Blanc, Beur) les chansons se mâtinent de légèreté et de pédagogie sans tomber dans l’ennui ou la lourde leçon de morale.

 « L’eau, le feu, le vent de tous les éléments on est locataire. L’eau, le feu, le vent appartiennent à la terre« 

Succès aidant le comité français d’éducation pour la santé s’associe aux Minikeums pour une campagne anti-tabac lancée le 28 juin 1999. Sois hip sois hop s’accompagne de nombreux sketchs pour dénoncer avec malice sans faire culpabiliser l’usage du tabac chez les plus jeunes.

                                              
    C’était vraiment mieux avant ?
C’est bien connu sous le prisme des souvenirs d’enfance tout parait plus beau. Après avoir épluché les nombreuses vidéos, les discours et la construction des personnages les Minikeums marquent effectivement la fin d’une ère. L’ambiance cour de récré, l’impression de faire partie d’une bande de potes avec qui nous dialoguions d’égal à égal. Le discours se veut à la fois éducatif et divertissant avec un vrai sens de la pédagogie. Le téléspectateur malgré sa jeunesse était considéré comme un véritable interlocuteur avec qui les échanges étaient construits et argumentés. La prévention anti-tabac n’est pas qu’une simple injonction, elle comprend, illustre et démontre l’absurdité de la consommation avant de la condamner.
Idoles du petit écran, Les Minikeums nous rappellent que le spectateur quelque soit son âge est un téléspectateur exigeant.
Si vous avez de bons yeux, et de bons souvenirs, vous pourrez retrouver nos chers amis sur Canal +, à l’exception de Coco jugé, trop identifiable.

!function(d,s,id){var js,fjs=d.getElementsByTagName(s)[0];if(!d.getElementById(id)){js=d.createElement(s);js.id=id;js.src= »//platform.twitter.com/widgets.js »;fjs.parentNode.insertBefore(js,fjs);}}(document, »script », »twitter-wjs »); Rendez-vous sur Hellocoton !


4 réflexions sur “Dis moi Les Minikeums

  1. J'ai aussi grandi avec les Minikeums et c'est vrai qu'on ne se rend pas compte quand on est gosse de la compréhension à deux niveaux. Je n'avais jamais fait le rapprochement avec les guignols (shame on me >< ).

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s