Dis-moi Streaming, carence audiovisuelle et Netflix

Le 28 novembre le tribunal de grande instance de Paris ordonnait la fermeture des sites de streaming en France. Cet arrêt conclut une plainte déposée en 2011 par le syndicat des producteurs et distributeurs de cinéma. L’arrivée de Netflix avec une utilisation illimitée de son catalogue pour 8 euros risque non seulement d’être un concurrent redoutable et pour certains un danger pour la production hexagonale.

Le streaming accusé de pilier les intérêts des professionnels.

Avec une offre gigantesque le streaming est accusé par les syndicats de producteurs et de distributeurs de capter illégalement leurs droits d’auteur. En effet par le biais d’abonnement premium les sites s’assurent des revenus dont ils justifient la nécessité par leur travail de maintenance. A la fermeture de Megauplaud les petits concurrents ont ainsi renforcé leur politique d’accès par des restrictions de temps de visionnage à toutes personnes non inscrites. Sans être aussi contraignant le site Megauplaud avait permis à son fondateur de devenir millionnaire.

Le Streaming : coupable idéal ?

Avec un large catalogue de films, séries voire parfois émissions télé (sans compter les mangas) le streaming se met à dos les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel.
Ses détracteurs sont rapidement tombés dans la caricature, marquant toute une communauté au fer rouge de l’illégalité. ces professionnels à la vision simplistes ne cessent d’éviter le vrai problème à la source de ce succès phénoménal. Si le streaming est devenu si important, si utilisé c’est bien pour faire face à la frustration des spectateurs. Tous ne sont pas des utilisateurs frustrés bien sûr, il serait naïf de prendre l’entièreté des internautes pour de pauvres victimes.
Pour être honnête, et pour ne parler que de télévision, l’utilisateur  contraint à la seule tnt fait face à une offre restreinte et conformiste.  Entre une vo qui reste inaccessible pour une part des téléspectateurs, la multi-rediffusion des mêmes films chaque année et la restriction des soirées cinéma qui obligent les diffuseurs à programmer des blockbusters. Je n’oublie pas les après-midis cagole, les téléfilms d’une niaiserie absolue ou les séries grand public diffusées dans le désordre.
La télévision française n’a pas la réactivité ni l’audace de quelques chaînes du câble. Tout utilisateur un tant soit peu exigeant devra se munir de multiples abonnements pour peu qu’il soit cinéphile et sériphile. La double peine !

Vers de nouveaux comportements. 

Loin d’éloigner les utilisateurs des magasins ou du matérialisé mes lectures sur différents forums prouvent que l’achat de DVD diminue sans être totalement abandonné. Mais au lieu d’être le support de découverte qu’il était, le DVD devient un moyen de soutenir un programme ou une oeuvre de qualité. Les fabricants l’ont bien compris puisque l’offre des coffret s’améliore de plus en plus. Viennent s’ajouter aux films ou aux épisodes des documentaires, des interviews et des commentaires des acteurs, scénaristes et réalisateurs. Certes la pratique n’est pas nouvelle mais elle est désormais comprise et prise en compte par les éditeurs, le DVD peut être désormais envisagé comme un véritable objet collector.

Netflix à la rescousse ?

Soyons honnête, Netflix n’est pas une révolution. Son prestige et son succès jouent pour beaucoup dans sa promotion et dans la curiosité qu’il suscite. Son arrivée en France le 25 septembre provoque excitation du côté des spectateurs et inquiétudes chez les pontes de l’audiovisuel.

Une concurence saine ?

Les opérateurs dits historiques organisent déjà leur riposte avec une offre enrichie et à prix réduit. Avec un tel budget la crainte de voir apparaitre une concurrence déloyale est légitime mais le pire n’est pas là. Les principaux rivaux de service à la demande que sont Orange et Canal + sont aussi les grands mécènes de la création audiovisuelle française. Si la plateforme parvient à les dépasser le financement souffrira d’une baisse qui ne sera pas compensée par Netflix puisque ses dirigeants ont clairement déclaré vouloir éviter les « contraintes » hexagonales. Cependant une entreprise comme Ankama, basée à Roubaix, a déjà signé pour la diffusion de son dessin animé Dofus et la production d’une série sur la vie politique marseillaise est déjà lancée.
Autre motif d’inquiétude pour les autorités françaises qui craignent le manque de diversité du catalogue américain. C’est oublier que Netflix et consorts sont les premiers diffuseurs de série à l’étranger et ont assuré entre autres le succès des Revenants, une création Canal + !
Reste la question de la localisation. De la part d’une entreprise étrangère la question du sous-titrage d’un catalogue si important laisse songeur.

Une entreprise du net comme les autres 

La tendance actuelle est à l’impatience, il n’est pas surprenant de constater que les utilisateurs habitués à voir dès le lendemain le dernier épisode de série US déjà traduit aient du mal à revenir au visionnage traditionnel. Si la tendance se confirme Netflix pourrait être à la tête d’une mine d’or dont l’utilisation sera particulièrement suivie. En effet la plateforme utilise des algorithmes capable de cerner les goûts des utilisateurs et rappelle les pratiques si décriées dont on ne sait quelles sont les réelles limites de leur utilisation. Le site se dote ainsi d’une base de données internationale et donc très enviée.

Difficile de savoir si l’arrivée de Netflix amplifiera le phénomène du streaming. La marche vers une consommation rapide et en grande quantité de contenu audiovisuelle est en augmentation. Mais cela ne préfigure en rien la fin des médias de diffusion traditionnels. La fréquentation des salles de cinéma est en hausse. Quand à la télévision elle pourrait bien s’inspirer des succès sur le net pour leur future programmation. Le streaming n’est pas seulement la course au piratage du dernier épisode de Game of Thrones, il augure des futurs cartons, déniche de nouveaux chefs-d’œuvre.

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