Dis-moi The Blacklist – Saison 1

Programmée le mercredi à 20.50 sur TF1

Raymond ‘Red’ Reddington, un fugitif activement recherché par le FBI se rend à l’agence fédérale avec en tête une Liste noire contenant des criminels dont il est le seul à connaître la planque. Des personnes extrêmement dangereuses, aux procédés et aux motivations diverses. Pour cela Red n’a qu’une seule exigence : travailler avec l’agent Elisabeth Keen, une profileuse novice. Il semble tout connaître d’elle, sa personnalité comme ses proches. La traque commence et Reddington entretient le mystère quand à ses relations tant avec l’agent Keen qu’avec le milieu du crime.

Le casting

S’il ne fallait retenir qu’un seul atout ce serait la présence de James Spader (Raymond Reddington). A la fois charmeur et inquiétant il s’impose comme une évidence. Je serai plus mitigée quand à l’interprétation des fédéraux que j’ai l’impression d’avoir vu et revu des dizaines de fois. Toujours dans la retenue, pas une émotion, pas une larme à l’oeil. L’agent Elisabeth Keen (Megan Boone) n’échappe pas à la règle et son jeu tout en discrétion  m’a gâché quelques scènes pourtant centrales. Ses relations complexes avec ses proches vont donner lieu à de nombreuses scènes qui au delà de nourrir le fil rouge sont les principales scènes émouvantes de la série. Quand aux twists censés éclairer d’un nouveau jour des profils à la psychologie plate ils sont souvent sinon prévisibles du moins invraisemblables. Je me demande encore si Ryan Eggold aka Tom Keen est mauvais acteur ou mal dirigé.
Pour ce qui est du casting des criminels vous reconnaîtrez de nombreux habitués du petit écran comme Robert Sean Leonard, Robert Knepper ou Peter Stormare.

Harry Lenix, Diego Klattenhoff, James Spader, Megan Boone et Ryan Eggold
Harry Lenix, Diego Klattenhoff, James Spader, Megan Boone et Ryan Eggold

La forme

La trame classique de toute série policière: un épisode par criminel. Le déroulement interne d’un épisode est aussi inamovible : nous découvrons le criminel et ses procédés, vient ensuite Reddington, la traque et l’arrestation. Heureusement les épisodes sont de quarante minutes et alternent scènes intimes, traques au siège de la CIA et scènes d’action. La réalisation est efficace, si l’ensemble est assez prévisible j’avoue ne pas m’être ennuyée. Avec une logique qui m’échappe TF1 tente l’indigestion en diffusant 3 épisodes par soir.

Le fond

Il y a ceux qui regarderont la série d’un oeil et concluront à une énième série policière manichéenne. Et les autres qui tenteront de trouver à The blacklist une pointe d’ambiguité. 
Reddington est un criminel, cynique et secret sur ses intentions, l’inquiètude qu’il inspire tient plus de l’interprétation de James Spader que du développement psychologique du personnage. Un évènement de mi-saison change le ton pour Red qui retrouve ses anciens réflexes de criminels. Reddington est pleinement impliqué dans la traque et l’arrestation des criminels avec un dénouement qui lui ressemble. Malgré un sujet en or et explosif The Blacklist c’est d’abord une écriture frileuse. Avec un criminel aux commandes et le FBI soumit à la moindre de ses révélations on s’étonne d’avoir affaire à un rendu aussi lisse. Pas d’injustice, de manipulation plus poussée ou encore de morale douteuse.
C’est aussi un manque de cohérence. Comment imaginer que des fugitifs, baignant dans le grand banditisme et dotés de moyens importants, peuvent rester dans l’ignorance des plans de Reddington. Par ailleurs pourquoi ces criminels en particulier? Quels liens unissent Reddington et les cibles ?  Des sujets à peine effleurés, des intrigues secondaires qui ressemblent plus à des suggestions de scénaristes sur un brouillon. On a surtout l’impression que tout a été écrit pour durer plusieurs saisons, le final laisse un goût amer comme si rien n’avait été approfondi n’y expliqué. Quand aux fédéraux, comment imaginer qu’une équipe aussi importante pour la sécurité nationale apparaisse si nulle. Les criminels de la blacklist ont une liste impressionnante de victimes à leur actif et pourtant le FBI n’apprend leur existence que grâce à Reddington. Quand à Elisabeth Keen, une profileuse donc, elle est totalement larguée quand il s’agit de cerner son entourage, même l’agence censée enquêter sur ses proches échoue.

Ils n’ont pas pu s’empêcher de …

-De nous prendre pour des cons en insistant particulièrement sur chaque révélation à coup de gros plans exagérés sur chaque agent présent dans la pièce et l’immanquable Captain Obvious obligé d’expliciter la situation. Une situation toujours ridicule puisqu’il ne s’adresse ni à ces collègues ni à lui même, bref une grosse ficelle qui aurait dû aujourd’hui enfin disparaître.
-De sortir les violons à chaque moment émouvant.
-De transformer les histoires d’amour en grosses guimauves.

The Blacklist est tout de même un bon divertissement grâce à une réalisation efficace et des profils criminels originaux mais le sujet et la structure n’inventent rien et la série n’évite pas les habituels poncifs de la production pour grand public. James Spader aurait mérité une histoire infiniment plus complexe à la hauteur de son talent mais le résultat s’il est loin d’être nul est surtout frustrant. La façon dont Reddington se sert de la CIA, ses liens avec le crime et l’agent Keen sont intéressants mais sous-développés. Pourquoi avec un sujet et un personnage aussi intéressants la série semble se freiner à aller plus loin dans la psychologie et la perversité de cette relation inhabituelle. Une question qui se pose avec plus de persistance quand on constate que des séries comme Game of Thrones dont la violence et la durée de vie des personnages principaux n’ont pas dégoûté les téléspectateurs toujours plus nombreux au fil des saisons.

Sachez que le 22 septembre commencera aux Etats-Unis la diffusion de la saison 2.

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